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Pathologies les plus courantes
Le syndrome métabolique
Le syndrome métabolique a pour conséquence l’augmentation du risque de maladies cardio-vasculaires.
Le syndrome métabolique est caractérisé par l’association d’un excès de poids, d’une augmentation des taux de sucre (diabète) et de cholestérol dans le sang, et d’une tension artérielle trop élevée. Cette association est particulièrement néfaste. Lorsque toutes les composantes sont présentes, l’évolution de chaque composante prise individuellement - le diabète, le taux de cholestérol et l’hypertension - est aggravée. En présence de ce syndrome, le risque de mortalité peut devenir jusqu’à cinq fois plus élevé, il touche entre 8% et 14% de la population suisse.
Le diagnostic et la prise en charge précoces du syndrome métabolique sont prioritaires. Toute personne présentant une de ces composantes devrait bénéficier d’investigations spécifiques pour la recherche des autres facteurs de risque. En présence d’un excès de poids par exemple, la mesure de la tension artérielle ou des taux de cholestérol et de sucre sanguins sont justifiés.
Le diagnostic du syndrome métabolique requiert l’évaluation de l’état des artères, éventuellement des artères coronaires. La détection précoce de plaques d’artériosclérose permet d’entreprendre rapidement des traitements efficaces et de prévenir ainsi des complications graves, telles que l’insuffisance cardiaque, la maladie coronarienne et l’infarctus, l’insuffisance artérielle ou l’attaque cérébrale.
La nécessité de traiter chacune des composantes du syndrome métabolique explique la relative complexité de sa prise en charge, qui demande la participation et l’interaction de plusieurs spécialistes - diabétologue, cardiologue, angiologue, spécialiste de l’obésité et des lipides. Le syndrome métabolique étant une maladie chronique qui ne se guérit pas, la participation active du patient est indispensable pour définir son traitement. Celui-ci est basé sur le long terme et il associe le plus souvent un traitement médicamenteux à un changement dans le style de vie, par l’alimentation ou l’activité physique. L’accompagnement et le soutien du patient revêtent ainsi un aspect prioritaire, qu’une équipe multidisciplinaire fournissant à la fois un appui médical, pharmacologique et psychologique est particulièrement apte à lui donner.
Dr Juan Ruiz, Service d'endocrinologie, diabétologie et métabolisme

Anévrisme de l'aorte abdominale
Un anévrisme de l’aorte abdominale correspond à la dilatation de la partie de l'aorte située dans l’abdomen et siégeant habituellement entre les artères rénales et la bifurcation aortique, c’est-à-dire avant les artères du bassin (les artères iliaques).
Dans la majorité des cas, l'anévrisme de l'aorte abdominale est d'origine athéromateuse. Cela signifie qu’il est dû à des plaques de cholestérol qui détruisent les éléments élastiques de la paroi aortique.
L'anévrisme de l'aorte abdominale survient surtout chez l'homme de la soixantaine, hypertendu dans 40% des cas et porteur d'une atteinte aux artères du cœur (artères coronaires) patente ou latente dans 50% des cas.
Diagnostic Le plus souvent, la découverte se fait chez un patient asymptomatique. La palpation du ventre dévoile une masse battante et expansive au niveau de l’abdomen, habituellement indolore, médiane ou légèrement latéralisée à gauche.
Evolution L’évolution naturelle de l’anévrisme de l’aorte abdominale est essentiellement la rupture de l’anévrisme qui se fait le plus souvent dans le ventre (le péritoine). Le signe majeur d'une prérupture est la douleur ressentie au niveau de la masse battante dans l’abdomen.
Devant ce constat, l'hospitalisation en chirurgie vasculaire s'impose.
Le risque de rupture dépend de la taille de l'anévrisme. Il est de 15% en cas de diamètre de 4 cm, de 75% si le diamètre est de 8 cm. Un diamètre de 6 cm constitue un point critique dans l'évolution anévrismale. Ces résultats plaident en faveur d'une intervention rapide en cas d'anévrisme de l'aorte abdominale d’un diamètre de plus de 5 cm. Tous les anévrismes de l'aorte abdominale doivent néanmoins être opérés.
Traitement Le traitement classique de l'anévrisme est la mise en place d’une prothèse après mise à plat de l'anévrisme et extraction des caillots. Une autre option est la technique endovasculaire qui est couramment pratiquée si les caractéristiques de la lésion anévrismale le permetttent. Il ne s’agit pas de remplacer l’aorte malade, mais d’introduire par les deux plies de l’aine une endoprothèse qui renforce l’aorte depuis l’intérieur.
Actuellement, un anévrisme de l'aorte abdominale est actuellement une pathologie avec un bon pronostic.
Dr Piergiorgio Tozzi, Service de chirurgie cardio-vasculaire

Développements dans le traitement des arythmies
Premier enregistrement de l’activité électrique cardiaque A la fin du 19e siècle, Augustus Désiré Waller, autrichien d’origine, fut le premier à enregistrer l’activité électrique cardiaque. Il avait entraîné son chien Jimmy à laisser les pattes plongées dans des récipients d’eau salée pendant l’enregistrement des premières ondes de l’électrocardiogramme (ECG). Personne ne soupçonnait alors son rôle médical. De passage à Bâle pour une démonstration, A. D. Waller rencontra Willem Einthoven qui en améliora la technique. Ce dernier, au début du 20e siècle, décrivit les cinq ondes de l’ECG: P, Q, R, S et T. Pourquoi débuter à la lettre P? Parce que les précédentes avaient déjà été prises!
Traitement des arythmies par cathétérisme Les premières tentatives de traitement des arythmies par cathéter - mince tuyau que l’on fait coulisser dans les veines - eurent lieu dans les années 1980. A ses balbutiements, un arc électrique entre deux électrodes (fulguration) était délivré au contact du tissu myocardique. Cet arc brûlait le tissu environnant, interrompant ainsi les circuits impliqués dans des réentrées. En raison d’une précision insuffisante et de complications trop fréquentes, la technique a été progressivement remplacée par des ondes de radiofréquence émises à l’extrémité des cathéters. Le succès fut mondial. La technique s’est vulgarisée et les indications se sont élargies, autorisant à traiter de nos jours par simple ponction des arythmies qui nécessitaient, il y a 15 ans, une intervention à cœur ouvert.
Bien que l’approche par cathétérisme se soit généralisée, certaines arythmies, dont la fibrillation auriculaire, ont nécessité plus de précision et une meilleure compréhension des rapports entre l’anatomie cardiaque, la genèse de l’activité électrique et le système nerveux neurovégétatif. Des systèmes de navigation tridimensionnelle, comparables à des «mini-GPS», ont été développés et implémentés dans la pratique quotidienne. Ces derniers ont apporté ainsi la précision que l’approche conventionnelle par radioscopie n’offrait pas auparavant.
Alors que ces techniques offraient une imagerie virtuelle du cœur, l’avancement du cathéter demandait encore l’intervention de l’homme. En effet, le cathéter avancé manuellement suit surtout les mouvements de la main, et non ceux du cœur, complexes et proches d’un moteur à 4 temps. Ce problème a été contourné récemment par l’utilisation de la sustentation magnétique couplée aux systèmes de navigation en trois dimensions : deux aimants libres de tourner sur eux-mêmes, placés de part et d’autre du patient, maintiennent une force magnétique suffisante pour tenir en sustentation un cathéter, dont l’extrémité elle-même est aimantée. Le cathéter est orienté dans la direction voulue à l’aide des deux champs magnétiques en utilisant leurs propriétés d’attraction et de répulsion. L’avantage? Les champs impriment une «direction» que le cathéter suit une fois activé, et lorsque la paroi cardiaque est rencontrée, le cathéter suit ses mouvements.
La suite peut être imaginée... navigation virtuelle, conduite par joystick, dans des cavités reconstruites à l’aide d’IRM et de CT-SCAN, mémorisation des sites relevants, traitement semi-automatisé, etc. Le CHUV s’équipera d’un tel système en 2007.
Dr Etienne Pruvot, Unité de rythmologie du Service de cardiologie
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